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Etant conscient de m'aventurer sur un terrain glissant, je ne peux que déplorer cette expression "musicale" qui mêle une idéologie à la fois nihiliste et ultra-libérale. il ne fait pas de doute que les textes de certaines de ces chansons sont outrancières, sexistes, racistes, antisémites et homophobes et appellent parfois à la violence de façon extrêmement prosaïque contre la police. ces clichés sur les "keufs", la drogue, les armes ne font que croître le désarroi chez beaucoup de jeunes. pourtant, dès l'origine, le rap se présente comme une parole libre, témoignant des revendications de désir et de populations mises à l'écart. partagé entre deux grandes tendances (le gangsta rap, violent et désespéré, et le rap engagé, qui prône l'élévation par l'éducation), le rap reflète-t-il toujours aujourd'hui l'humeur de tous les jeunes des cités ? comment parvient-il à toucher désormais les jeunes des campagnes servant très souvent d'exutoire à ces derniers ? il s'avère que ces chanteurs aient un grand sens du marketing et de la promotion. ils connaissent parfaitement les instincts de leur cible commerciale et, comme d'autres, ils lui font entendre ce que les auditeurs et consommateurs de disques veulent entendre et sont prêts à acheter. bien entendu, si l'on condamnait ces rappeurs, il faudrait logiquement inclure ceux qui ont diffusé ces "artistes", c'est-à-dire s'attaquer au lobby du disque. cela serait-il bien raisonnable ? en résumé, je crois que la répression ne doit être ni généralisée, ni refusée en bloc. des gardes-fous sont nécessaires, malheureusement. evidemment, une chanson ne peut être à elle seule le détonateur d'une émeute. mais en revanche, elle pourra contribuer à banaliser certaines idées auprès d'une population fragile.
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